dimanche 25 mars 2012

Réflexions sur les difficultés de l'histoire sociale


A plusieurs reprises ces derniers temps, en licence comme en MASTER, a été évoquée la question des difficultés posées par la pratique de l'histoire sociale. Elles tiennent à la question du vocabulaire employé pour décrire les réalités sociales du XIXe siècle, qui ne peut pas être pensé au prisme des catégories du XXIe siècle. Le vocabulaire qui fait sens dans notre société actuelle n'est pas celui de la société du XIXe siècle, les termes bourgeois ou paysans ne sont pas employés par les contemporains et tiennent à des regards jetés par "en haut", tandis que les réalités sur le terrain sont plus complexes. C'est la raison pour laquelle il importe aujourd'hui de relire les sources dans le but d'y repérer comment les contemporains décrivaient les réalités de leur société, quels mots employaient-ils pour le faire ? C'est sur ce thème que Cédric Audibert, doctorant à l'Université d'Avignon, achève actuellement sa thèse sur "Les Français vus par ceux qui les gouvernent, 1800-1820". Elle permettra d'en savoir enfin un peu plus sur le vocabulaire qui permettait alors de parler de la société, même si, en utilisant comme c'est le cas dans ce travail, avec les archives émanant de l'administration et des autorités officielles, on est encore dans les regards "par en haut", mais tout de même dans des regards d'hommes de terrain et non pas de purs théoriciens.

A suivre... soutenance prévue fin 2012, à l'Université d'Avignon.

Bibliographie : Jacques REVEL, Un parcours critique. Douze exercices d'histoire sociale, Paris, Galaade éditions, 2006, 446 p.

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