mardi 5 juin 2012

Culture républicaine, héritages impériaux et mythe napoléonien




            En déclarant que « le gouvernement de la République est confié à un empereur »[1], le sénatus-consulte du 18 mai 1804 établit sur une ambiguïté monumentale non seulement le régime sous lequel la France s’apprête à vivre son existence post-révolutionnaire, mais aussi un courant politique qui a marqué tout le XIXe siècle. Cet article Ier de la constitution de l’an XII vise bien évidemment à souligner la continuité que Napoléon Bonaparte lui-même tenait à maintenir entre la Révolution et son régime, entre une République, que tout le monde jugeait moribonde à la veille de Brumaire, et son propre règne, qu’il conçoit comme l’achèvement de la Révolution par la stabilité politique et sociale. Aujourd’hui encore, la filiation révolutionnaire de Napoléon ne fait pas de doute pour les historiens du XIXe siècle[2].

            Ne faut-il pas voir en cette formulation la source de l’une des complexités de la vie politique française contemporaine ? La culture républicaine n’a nullement été condamnée par le régime impérial lors de sa mise en place : il conserve au contraire ses couleurs et même, pour quelque temps encore, son calendrier ; il adopte ses valeurs, de l’égalité, de la fraternité et de la propriété ; il confirme le choix directorial d’un pouvoir législatif remis entre les mains de deux chambres. De plus, le régime impérial proclame que l’un de ses devoirs est de préserver le territoire de la République. C’est au nom de cela que la guerre a continué de ravager l’Europe, que les drapeaux de la République devenus ceux de l’Empire ont été couverts de gloire, et que Napoléon a refusé les offres de paix qui lui étaient faites en 1814.

            Et c’est encore sur cette ambiguïté – le régime impérial serait donc le meilleur garant des acquis de la République – que s’est joué l’acte final de 1815, ces presque cent jours durant lesquels paysans et ouvriers étaient prêts à remettre leur sort entre les mains de celui qui seul semblait apte à les délivrer du joug renouvelé des Bourbons. En 1815 plus encore qu’en 1804, le régime de Napoléon, refondé sur une constitution revisitée par le libéral Benjamin Constant, incarne pour une partie de la nation une véritable synthèse entre les legs républicains et ce dont la France aurait besoin pour affronter les temps nouveaux[3]. C’est alors que s’enracine une part essentielle de la mythologie impériale : l’empereur des humbles, le chef de guerre luttant contre l’Europe des tyrans, le souverain seul capable de donner à la France une constitution respectueuse des acquis révolutionnaires, le chef politique porté par les faubourgs parisiens qui n’attendaient plus que d’être armés par lui. C’est sur ce terreau que s’est épanouie la légende forgée à Sainte-Hélène[4]. Dès lors, la vie politique, telle qu’elle existe en un XIXe siècle longtemps sans partis, sans lecteurs nombreux, sans presse à grand tirage, est sans cesse traversée non seulement par l’héritage de l’Empire – tout n’est pas que mythe dans ce qui reste de ce régime ! – mais aussi par la figure mythique de Napoléon. Or celle-ci se superpose à l’idée républicaine, qui elle aussi demeure présente tout au long du XIXe siècle, fondée sur une autre mythologie. Faut-il pour autant soutenir avec François Furet que la légende napoléonienne a constitué le vecteur essentiel de l’idéal républicain[5] ? Quoi qu’il en soit, il faut porter une grande attention au fait qu’un robespierriste comme Albert Laponneraye ait pu reconnaître en Napoléon un dictateur providentiel et un tyran salutaire[6].
           
            La France du XIXe siècle connaît en tout cas des partisans de l’empereur capables de se rallier à la République en 1848, à l’instar de Raspail, elle connaît aussi, durant le Second Empire, des napoléonistes qui sont des républicains convaincus, à l’image du fils aîné de Jérôme ou des membres de la lignée de Lucien, elle connaît même, après 1870, des républicains prompts à chercher dans les souvenirs de l’Empire des raisons de croire en l’avenir de la République. Il est vrai que celle-ci a été fondée en partie sur un héritage constitué par l’Empire, lequel a été aussi pour elle un modèle concurrent en même temps qu’un repère souvent utilisé dans les crises qu’elle a traversées.

La constitution d’un héritage : une République à l’école de l’Empire ?

            Si la Ve République s’est refusée à célébrer un quelconque bicentenaire de l’Empire à partir de 2004, elle n’a en revanche jamais négligé de reconnaître ce qu’elle pouvait devoir au régime impérial. Elle a notamment rendu à Napoléon ce qui lui revient dans l’invention des rouages de l’État post-révolutionnaire, dont beaucoup fonctionnent encore de nos jours. Dès l’an 2000, le bicentenaire qui ne dit pas son nom commence avec la commémoration de la création du Conseil d’État par la constitution de l’an VIII (13 décembre 1799)[7]. Si l’Ancien Régime avait institué un Conseil privé du Roi, l’actuel Conseil d’État ne se reconnaît de véritable ancêtre que dans le Conseil d’État napoléonien[8]. Chargé de rédiger les projets de lois et les règlements d’administration publique, il a par ailleurs pour fonction d’arbitrer tout conflit en matière administrative. Il est clairement impliqué, à partir de 1804, dans la vérification de la constitutionnalité des lois, fonction qui le caractérise jusqu’à nos jours. Toutes les Républiques ont reconnu la nécessité de disposer d’une institution vouée à juger la puissance publique et toutes ont de ce fait pérennisé une institution qui a particulièrement bien incarné la volonté de Bonaparte de réaliser la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution.

            C’est au sein du Conseil d’État que les codes napoléoniens, du Code civil de 1804 au Code pénal de 1810, ont été préparés : ils forment l’héritage le plus important que les régimes successifs, du XIXe au XXIe siècle, ont reçu de l’Empire. Certes, la République s’est employée à en modifier les contenus au fur et à mesure des mutations de la société française, mais les magistrats de la République eux-mêmes ne se sont-ils pas longtemps plu à parler du Code Napoléon pour désigner le Code civil ? Si cet usage se meurt en ce début de XXIe siècle, il était encore très largement en vigueur aux débuts de la Ve République : il est vrai que si la société de 1958 parvenait encore à se reconnaître dans les grandes lignes du texte de 1804, cela ne se vérifie plus guère dans une République qui a instauré le PACS, entre autre exemple. La France a fini par ne plus vivre au temps du Code Napoléon. Mais il aura fallu pour cela que passent quatre républiques…

            Quant à l’organisation administrative de la France républicaine, fondée entre autres sur les pouvoirs des préfets, elle trouve elle aussi son origine dans les institutions napoléoniennes. Certes, la Révolution avait déjà accompli l’essentiel, en créant les communes et les départements. Mais, dans sa volonté centralisatrice, Napoléon a minutieusement organisé l’institution préfectorale qui, même dans notre République fascinée désormais par la décentralisation, n’en demeure pas moins l’un des fondements de l’État républicain. Les réactions suscitées par l’assassinat du préfet Érignac en Corse, en 1998, suffisent à témoigner de ce que s’en prendre à un préfet en exercice, c’est bafouer l’honneur de la République et soumettre celle-ci à une grave menace. Les préfets sont aujourd’hui encore les représentants de la République dans les départements et assument ainsi pleinement l’héritage du régime qui a inventé leurs fonctions. Les « empereurs aux petits pieds » sont devenus les représentants du Président de la République qui, comme Napoléon, a le pouvoir de les nommer et de les révoquer. Ainsi, la République a-t-elle consacré, certes à la suite des monarchies restaurées, une institution qui avait été, en son temps, emblématique de l’organisation du pouvoir impérial. Et pourtant qui, dans la république d’aujourd’hui, songerait à fustiger la fonction préfectorale ? Et l’on peut gager qu’il en irait de même dans le cadre d’une hypothétique VIe République.

            Qui songerait d’autre part à remettre en question la Légion d’honneur, imitée aujourd’hui dans presque tous les États du monde ? En 2002, le non-bicentenaire de l’Empire est passé par de nombreuses cérémonies officielles et rencontres scientifiques autour de la création de cet ordre destiné à désigner à la nation les meilleurs soutiens du régime. Pensé comme le creuset des élites de la France post-révolutionnaire, l’ordre de la Légion d’honneur a distingué tous les mérites mis au service de la nation. Il a certes rapidement fait la part belle – trop belle – aux militaires - au point qu’il fallut créer une autre élite, celle des anoblis de l’Empire, pour mieux récompenser les mérites les plus grands, y compris parmi les civils. Mais le prix accordé par tout récipiendaire à « la croix » lui a assuré un succès tel qu’aucun régime n’a ensuite osé la supprimer. Le 14 juillet est chaque année l’occasion de nominations fort attendues et attentivement scrutées. Rares sont ceux qui refusent l’honneur d’être ainsi décorés au motif qu’ils jugent cette distinction incompatible avec leur conception de l’égalité républicaine. Et c’est pourtant initialement au nom de cette égalité que des membres du Sénat ou du Corps législatif du Consulat avaient protesté contre la création de la Légion d’honneur. Certains acteurs du régime napoléonien, en 1802, ont donc été plus critiques à l’égard de l’établissement de cette dignité que les pères fondateurs des régimes républicains ultérieurs. Qui, dans la République d’aujourd’hui, oserait dire qu’arborer le ruban rouge est contraire à l’égalitarisme républicain ? Et en même temps qui oublie, en parlant de la Légion d’honneur, que sa création est due à Napoléon ? On oublie davantage, en revanche, que c’est également à Napoléon que l’on doit l’institution des lycées, par la loi du 1er mai 1802[9]. La pérennité de telles institutions signifie donc particulièrement bien à quel point la République s’accommode de la présence de Napoléon dans sa culture. Et pourtant, elle s’est souvent heurtée au modèle concurrent que forme face à elle le régime impérial.

Un modèle concurrent : l’Empire contre la République ?

            En confiant le gouvernement de la République à un empereur, la constitution de l’an XII a confirmé que la France pouvait rester dans la voie où elle s’était engagée dès 1799 : celle où la vie politique se tourne vers un personnage charismatique dont on attend le sauvetage de la patrie face aux ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. Les années du Consulat et de l’Empire sont un nouveau temps dans la politisation des Français. Les dix années révolutionnaires, les sept premières années de la Première République ont été trop courtes pour permettre à chaque citoyen de comprendre et intérioriser les règles d’une vie politique fondée sur la pluralité des options et la diversité des idéologies. En réalité, la royauté n’est morte ni le 10 août 1792, ni le 21 janvier 1793. Certes, les Bourbons sont déchus, certes la dynastie capétienne est rejetée, certes la monarchie absolue est remplacée par une monarchie puis une république constitutionnelle. Dès lors, la France, monarchique, impériale ou républicaine, ne sera plus jamais dépourvue de constitution écrite et en cela l’Ancien Régime est bien défunt. Mais le sacre du 2 décembre 1804 signifie à chaque citoyen que les destinées du pays sont entre les mains d’un homme qui, pour beaucoup, serait le seul capable de faire « rentrer la Révolution au port ». Tels sont en tout cas les termes employés par plusieurs membres du Tribunat et du Sénat lorsqu’il s’est agi de justifier la proclamation de l’Empire[10]. Le retour au principe dynastique est présenté alors comme le seul moyen d’échapper aux dérives dont la Révolution a été victime : confier les destinées de la République à une dynastie doit la protéger de l’instabilité et des intrigues politiques. Rétablir l’hérédité, selon les tribuns et les sénateurs de 1804, c’est épargner à la République les aléas engendrés par le système électif[11].

            C’est aussi garantir la position de la France dans une Europe qui ne connaît alors que des monarchies. Mais ce faisant, la spécificité de la France consiste à avoir pour monarque un homme érigé par son destin en Grand Homme. En cela aussi, la France opère une synthèse entre Ancien Régime et République. Car les années républicaines ont laissé émerger les héros nationaux et si les discours de 1804 peuvent faire d’abondantes mentions du Grand Homme, c’est parce qu’ils s’inscrivent dans la continuité des pratiques d’une nation confrontée aux dangers de la guerre. Héros glorieux de la lutte contre les Autrichiens en Italie, Bonaparte a incarné le sauveur auquel les partisans de la fin du Directoire ont jugé utile d’avoir recours. Ainsi, même pour des artisans majeurs de la Révolution, la République ne peut survivre que sous la protection d’un héros[12]. La Première République a donc légué aux suivantes un système monarchique d’une facture inédite : hérédité et toute-puissance du monarque, mais un monarque issu du rang des héros sauveurs de la nation, un monarque qui ne tient pas son pouvoir de Dieu, mais qui est sorti du peuple, avec l’approbation du peuple. « Lui, il est des nôtres », rétorque la vieille femme rencontrée par un Napoléon incognito, en 1814, la provoquant en lui faisant remarquer que les Français ont fait la Révolution pour retrouver un roi[13]. En ces paroles anecdotiques – vraies ou fausses ? – se trouve résumée la façon dont bien des Français ont perçu l’empereur. En 1804 en tout cas, seul le tribun Lazare Carnot a publiquement soutenu, contre tous ses homologues, que l’Empire ne pouvait pas assurer la continuité de la République. Tous les autres membres du Tribunat et du Sénat se sont employés à souligner que les institutions de l’Empire étaient vraiment républicaines et que, grâce au nouveau régime, la France serait toujours une République.

            Quoi qu’il en soit, ce qui a été proposé en 1804 a finalement été intériorisé par bien des Français, qui, pour certains, ont même témoigné de leurs sentiments en de maladroites adresses spontanées, dont le vocabulaire n’est pas sans rappeler celui des vies de saints[14]. Au final, la nation s’est incarnée en un souverain charismatique. L’Empire a donc légué à la France des références qui vont compter pour longtemps dans la vie politique : de ses pratiques naît finalement un bonapartisme qui pense l’avenir de la nation autrement qu’en terme de république ou de monarchie bourbonienne, plaçant au premier rang de ses préceptes politiques la nécessité de confier la conduite du pays à un homme charismatique en qui puissent s’incarner tous les espoirs de rénovation sociale. Dans les campagnes et dans les rues des villes, durant le premier XIXe siècle, ce ne sont guère les cris de « Vive la République » que certains se risquent à prononcer, mais bien plus souvent des vivats en faveur de l’empereur. Mythe et héritage impériaux ont souvent étouffé la culture républicaine. Les pratiques du régime impérial ont facilité non pas seulement la construction de la légende napoléonienne, mais aussi une politique d’héroïsation pour un chef présenté comme le moteur de l’histoire. Moyennant quoi il a encouragé la ferveur des anonymes pour une personnalité phare, ferveur d’autant plus vive que l’homme ainsi adulé pouvait paraître issu lui aussi des rangs de ces mêmes anonymes. Les expériences que les sujets de l’Empire ont retirées de ces quinze années ont bien été déterminantes pour comprendre avec quels bagages ils abordent, par exemple, les restaurations républicaines de 1848 puis de 1870. La force de la légende ne suffit pas à expliquer la forte majorité qui s’est affirmée, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel masculin, en faveur de l’héritier napoléonien. La préférence pour des cadres politiques où la cause de la nation est assimilée à l’action d’un seul homme perçu comme un sauveur a sans doute compté tout autant. Dès lors, la République a dû faire avec cette donnée fondamentale.

Il semble qu’en ces temps d’élection présidentielle – ces lignes sont écrites entre avril et mai 2012… - et d’appels à une sixième république mettant fin à l’élection du président au suffrage universel, cet héritage continue d’être présent dans la République, pour susciter adhésion ou rejet. Et la culture politique attachée à un pouvoir assumé par un élu au dessus de tous les autres continue de s’imposer. Lorsque François Hollande, au soir du premier tour des présidentielles, le 22 avril 2012, parle à la première personne et souligne qu’il est le gagnant plutôt que de dire que la victoire revient à son parti, ne se glisse-t-il pas inconsciemment et précocement dans la peau du monarque républicain que tous les présidents de la Ve République ont tenté d’incarner avec plus ou moins de succès ? Entre 1799 et 1815, Napoléon a prouvé que la République n’est pas la seule figure imaginable de la nation. En 2012, la nation est sous l’égide d’une République incarnée par un homme, et il est particulièrement révélateur que celui qui a occupé la fonction de 2007 à 2012 ait été souvent accusé de se rêver en Napoléon du XXIe siècle.

            Si l ‘empereur a si bien incarné la nation française, c’est aussi parce que celle-ci, depuis 1792, avait apprécié d’être reconnue comme la Grande Nation, apportant les valeurs de 1789 à l’Europe entière avec ses troupes de volontaires capables de remporter d’impensables victoires. Au fil des campagnes contre les premières coalitions, les volontaires de l’an II sont pour beaucoup devenus des soldats de métier fiers de leur gloire. Parce qu’ils ont toujours associé leurs combats à la défense de la Révolution, ils ont constitué, pour les armées napoléoniennes, des cadres qui ont donné à celles-ci un esprit fort différent de celui des armées d’Ancien Régime. Les officiers et sous-officiers du Consulat et de l’Empire ont contribué, ne serait-ce qu’en diffusant avec enthousiasme les discours de guerre de Napoléon[15], à fonder le régime sur la gloire militaire. Certes Napoléon était le plus civil des militaires, et en 1799 il ne songe nullement à partager son pouvoir avec d’autres généraux[16]. Mais Napoléon a toujours su qu’une défaite entraînerait sa chute, tandis que les Français ont finalement pris l’habitude de voir leur armée couverte de lauriers. Certes, de plus en plus nombreux sont ceux qui refusent de voir leurs fils partir sous les drapeaux. Mais la gloire du drapeau national n’en reste pas moins bonne à prendre. Et, après 1815, après les défaites en Russie, en Allemagne, en France et en Belgique, une partie des Français ‑ mais nulle proportion ne peut en être donnée – songe avec nostalgie à la gloire de l’Empire. Pour les hommes ou les femmes qui, sous la Restauration, se risquent à proférer des cris séditieux en faveur de Napoléon, l’Empire signifie tout à la fois une France forte et glorieuse et un régime dont on croit se souvenir qu’il était favorable aux plus modestes. En tout cas, à la gloire des trois couleurs, on associe la mémoire des bienfaits de la Révolution. Et face aux vétérans des armées napoléoniennes dont les services rendus à la nation ne sont guère reconnus et encore moins récompensés, ni même compensés ‑ avoir laissé un membre sur un champ de bataille permet à peine de toucher une pension décente ‑, les Français peuvent mesurer que la Restauration et la Monarchie de Juillet ne font guère cas de la nation glorieuse qu’ils ont autrefois constituée[17]. Or, être républicain en France durant le premier XIXe siècle, c’est aussi être attaché aux trois couleurs et à la mémoire d’une France glorieuse. C’est donc rejoindre sur ce terrain essentiel de la gloire nationale les nostalgiques de l’Empire. La mémoire de l’Empire a là encore fait oublier celle de la République, d’autant que les mémorialistes de celle-ci se font beaucoup plus discrets que ceux de celui-là[18].

            Tout cela est constitutif de l’ombre portée que l’Empire jette sur la République de 1848, au point d’agir comme un véritable repoussoir. Si le nom de Napoléon sort des urnes, le 10 décembre 1848, c’est notamment parce qu’il est alors étroitement mêlé au souvenir de la gloire et de la défense des acquis de la Révolution Villageois et ouvriers ont pu voter pour ce nom-là, connu d’eux sans avoir besoin de la médiation des notables. Certains ont même cru voter pour l’empereur. Les premiers défenseurs d’une cause que l’on commence alors à nommer le bonapartisme ont su rappeler en outre les premiers combats de Louis-Napoléon Bonaparte et de son frère aîné aux côtés des carbonari italiens. Ils assimilaient ainsi la cause des Napoléon à la cause libérale sans pour autant engager Louis-Napoléon à défendre l’existence de la République. Quant aux notables, si une minorité d’entre eux a pu se souvenir des honneurs distribués par l’Empire, une majorité a essentiellement vu dans le neveu de Napoléon Ier l’homme qui lui servirait de paravent  ‑ et rien de plus que de paravent ‑ pour finalement échapper à cette République qui entre février et juin avait tenté d’aller plus loin qu’elle ne le voulait. Le mythe impérial, avec ses multiples facettes, a donc étouffé la culture républicaine dans les urnes de 1848, tandis que la restauration impériale qui se profile en décembre 1851 la met à mal en décimant le mouvement républicain par la répression de la résistance au coup d’État.

Les usages du mythe impérial à l’heure républicaine : l’Empire au secours de la République ?

            Dès les débuts du Second Empire, Victor Hugo a dénoncé le 18 brumaire pour mieux fustiger le 2 décembre. Le célèbre poème consacré à L’expiation montre l’ombre de Napoléon effrayée en voyant Louis-Napoléon commettre le coup d’État : les sentiments de honte et d’effroi que le poète prête à l’empereur devant cet attentat le conduisent à l’expiation de son propre crime, c’est-à-dire le 18 brumaire[19]. La gloire de Napoléon Ier, redevenu « Bonaparte », n’est donc plus sans tache dans les pages hugoliennes qui, en 1870, s’en prennent même à la renommée militaire puisque L’Année terrible condamne les guerres de l’Empire. Victor Hugo, nouveau chantre de la République, a ainsi ouvert la voie à de nouveaux positionnements : la grandeur de Napoléon ne suffit pas à racheter les erreurs de Napoléon-le-Petit, et la nouvelle république est invitée à vivre sans assumer le mythe impérial.

Pourtant le nom de Napoléon est encore prononcé à la tribune de la Chambre des députés. Dès 1871, Gambetta avoue son admiration pour celui qui, affirme-t-il, « a fait la France, malgré tout, incomparablement belle et puissante, belle d’une splendeur qui ne périra pas malgré ses défaites, puissante d’une souveraineté qu’elle retrouvera, malgré ses mutilations temporaires »[20]. Si la défaite a suscité un regain d’hostilité à l’égard du vaincu de Waterloo, y compris chez Victor Hugo, elle le laisse aussi incarner, même pour les républicains les plus convaincus, la gloire éternelle d’une France qui ne peut que rapidement se relever de la défaite. La République semble jouer l’oncle contre le neveu et promouvoir ainsi un héros revisité, de surcroît fort utile quand, à partir de 1881, la France se heurte à la Grande-Bretagne dans la réalisation de ses ambitions coloniales : l’anglophobie peut alors se nourrir des souvenirs du martyr de Sainte-Hélène qui a lutté contre l’Angleterre pour défendre la Révolution, image qui devient celle de la littérature officielle des manuels scolaires de Lavisse.

            L’histoire de l’Empire, à partir des années 1880, est de plus en plus dominée par des lectures conservatrices qui fixent la nouvelle place du mythe impérial dans la culture républicaine. Ainsi Albert Vandal loue Bonaparte pour avoir affranchi la France de la « tyrannie jacobine »[21]. En même temps, la France renoue par ailleurs avec l’usage politique d’ériger l’empereur en héros pour oublier les ombres figurant au tableau de sa situation diplomatique. Le mythe impérial demeure un capital dans lequel sont puisés les éléments d’identité d’une nation qui tente de construire sa République sur les ruines d’une défaite : dans cette entreprise, Napoléon est un héros des plus utiles, dont le portrait est peint au mieux des intérêts d’une France vaincue mais fière à la fois de son passé et de sa démocratie enfin établie.

Toute une génération est alors élevée dans le culte impérial. Du côté de la droite extrême, Léon Daudet, né en 1867, se souvient de ses vingt ans passés dans ce culte napoléonien renaissant : « À 20 ans […] je dévorais tout ce qui paraissait sur Napoléon. […] Élevée dans l’ombre et la douleur de la défaite, notre génération se consolait et se montait le coco avec les récits de ces campagnes qui, même désastreuses ou folles, gardaient dans leurs pages, avec le son du canon, le goût de la victoire. La légende était encore là et mettait une auréole dorée autour de la redingote grise et du petit chapeau »[22]. Louise Bodin, née dix ans plus tard, élève à l’École Normale Supérieure de Sèvres puis membre du parti communiste, a baigné, aux alentours de 1900, dans la même atmosphère qu’elle critique sévèrement : « La napoléonite sévissait alors à l’état aigu, à l’école, au théâtre, dans les rues et dans les salons, dans les journaux et dans les livres, par la parole et par l’image. Nous autres, la jeunesse étudiante, on nous intoxiquait savamment »[23].

            À ces témoignages fait écho le roman de Maurice Barrès : en 1897, dans Les Déracinés, il présente en effet Napoléon comme un « professeur d’énergie » qui se révèle à cinq jeunes étudiants visitant la crypte des Invalides le 5 mai 1884[24]. L’évocation de l’empereur est l’occasion de prendre des accents revanchards, revanche en laquelle, selon Barrès, il est d’autant plus permis d’espérer que la force du rêve qui émane du souvenir du « Napoléon de l’âme » peut se transformer en action. Dès lors, Napoléon incarne l’homme fort des nationalistes. Tout en fixant ses regards sur la ligne bleue des Vosges, la France n’oublie pas celui dont l’action débordante mena ses troupes sur toutes les routes de l’Europe : il est bien érigé, pour toute une génération, en un modèle d’énergie que la République ne doit pas se priver d’utiliser.

Ernest Lavisse s’emploie cependant, au travers des différents manuels scolaires qu’il dirige, à mettre en garde les futurs citoyens contre le danger de confier le pouvoir à un homme trop ambitieux : annexer la gloire de l’Empire ne doit pas empêcher de tirer les leçons des plébiscites bonapartistes… Et lorsque l’heure est à l’affermissement de la République, le héros victorieux est moins honoré par la culture scolaire républicaine. Dans les manuels conformes aux programmes scolaires de 1894, l’accent est mis plus que jamais sur les dangers du despotisme et les succès militaires sont moins glorifiés. Le défenseur de la Révolution face aux coalitions européennes est finalement bien oublié dans le Lavisse de 1913, qui conclut en soulignant que Napoléon était détesté de l’Europe qu’il opprimait[25]. La mythologie impériale semblait disparaître de la culture républicaine au moment où  l’Europe allait de nouveau être ravagée par la guerre. La volonté de croire en la paix, si forte encore en 1913, autorisait à reléguer cette mythologie au magasin des accessoires.

La Revue des Études napoléoniennes agit cependant à l’inverse. Initialement fondée en 1912 pour renouveler l’historiographie de l’Empire, elle a joué un rôle contraire à sa raison d’être et a tenté, contre Lavisse, de maintenir la mémoire de l’Empire au cœur de la culture républicaine. Elle a avant tout fait œuvre patriotique en s’efforçant de convaincre l’armée qu’elle n’a pas à avoir honte de Waterloo, et pas davantage, par conséquent, de Sedan : la gloire du Premier Empire est ainsi utilisée pour aider la République à être à son tour victorieuse dans un conflit qui éclate cent ans après la chute de l’Empire. Le directeur de la revue, Édouard Driault, voit donc en Napoléon l’organisateur de la victoire de 1918 et l’inventeur de l’Europe nouvelle en construction. Il accepte la présidence du Comité d’action pour le Centenaire de la mort de Napoléon, tout en utilisant sa revue contre la montée du communisme : glorifiant Napoléon sous les traits du premier héros des libertés démocratiques, il le loue également pour avoir institué en Illyrie, en Roumanie et en Pologne des « marches de la civilisation bloquant la barbarie dans le repaire de ses marécages », système fort heureusement, selon lui, imité par les vainqueurs de 1918[26].

Le mythe de l’Empire est donc convoqué pour préserver la culture républicaine de la contagion communiste. Dans les prolongements d’une victoire dont la France ne finit pas de se satisfaire et dans la certitude de la solidité d’une République capable de résister à une guerre longue et difficile, la mémoire de l’empire n’effraie plus et semble bien au contraire utile. Le concert de louanges qui s’est manifesté à l’occasion du centenaire de la mort de Napoléon, le 5 mai 1921, ne se joue cependant pas dans une complète unanimité : les oppositions viennent des deux extrémités du champ politique. Le parti communiste est le plus radical dans son refus de s’associer aux réjouissances[27]. Alexandre Blanc remarque pour sa part l’étrange admiration des républicains pour celui qui étrangla la République et des royalistes pour celui qu’ils nommaient autrefois « l’usurpateur »[28]. Le lendemain, Charles Rappoport fait un parallèle entre Karl Marx, génie bienfaisant que les communistes vénèrent avec raison, et Napoléon, génie malfaisant, esclave de sa volonté de dominer et père du bourrage des crânes patriotiques[29]. Avec l’entrée du parti communiste sur la scène de la vie politique républicaine, s’exprime donc une nouvelle forme d’opposition à Napoléon, lequel ne peut trouver grâce auprès de ces pacifistes convaincus.

Pourtant, il n’est pas davantage accepté par les nationalistes dont l’attitude est désormais opposée à celle qui fut la leur au temps des Déracinés et des rêves de revanche. Si l’Action française accepte l’héritage de prestige et les leçons d’art militaire que Napoléon a légués à la France, si elle exprime sa reconnaissance pour celui qui a inspiré les victoires de Foch, elle n’en reproche pas moins vigoureusement à Napoléon « d’avoir uni ce qu’il fallait diviser, éveillé ce qu’il eût mieux valu laisser dormir »[30] : il est à ses yeux l’auteur de l’unité allemande qu’il aurait fallu défaire[31]. C’est au nom même du nationalisme qu’est condamné un Napoléon père du principe des nationalités puisque ce principe s’est retourné contre la France[32]. Condamner Napoléon, c’est donc également condamner le contenu des traités de 1919. Napoléon est du reste accusé d’être à l’origine du recul de la puissance française alors que des progrès constants ont été faits, sur le plan extérieur, au temps de la France des rois[33]. La France selon le cœur de Charles Maurras ou de Léon Daudet est celle de Louis XIV et non plus celle de Napoléon, dont la politique, fruit des idées de Montesquieu, Rousseau et Robespierre, a inspiré la démocratie plébiscitaire qu’il abhorrent[34]. Seul Barrès voit encore en lui un « multiplicateur d’enthousiasme »[35]. Les cultures hostiles à la République rejettent désormais ouvertement la mythologie impériale.

            Mais dans le contexte des difficultés rencontrées par les alliés pour faire respecter les conditions du traité de Versailles par l’Allemagne vaincue, le centenaire de la mort de Napoléon est généralement l’occasion de glorifier une France victorieuse, héritière, en 1918, de celle de Napoléon. Les cérémonies qui se déroulent le 5 mai 1921 sont marquées par de vibrants discours qui sont autant hommage à l’empereur qu’aux vainqueurs de la Grande Guerre. Le discours du ministre de la Guerre, Barthou, devant l’Arc de Triomphe, souligne que Napoléon ne peut être le monopole d’un parti, il est une gloire nationale et non plus une tradition politique : la République peut donc honorer sans danger l’auteur du coup d’État de Brumaire dont l’œuvre législative préside encore aux destinées de la France. « Professeur d’énergie » au temps où il s’agissait de reconquérir l’Alsace et la Lorraine, Napoléon devient l’inspirateur de la politique de fermeté face à une Allemagne vaincue mais encore rebelle. C’est pourquoi il importe à la France de se rassurer dans le souvenir de sa gloire par la voix du maréchal Foch auquel il revient de prononcer le discours des Invalides. Les armées de la France, celles de 1792-1815 comme celles de 1914-1918, y sont unies dans un même combat pour l’indépendance de leur pays et la liberté des peuples[36].

            La culture républicaine entretient donc au XXe siècle un rapport plus apaisé, mais très utilitariste, au mythe et à l’héritage impériaux[37]. En témoigne encore le bicentenaire de la naissance de Napoléon. Le discours prononcé par le président Pompidou en cette occasion fait, au travers de Napoléon, l’éloge de l’ordre et de l’autorité de l’État[38]. Ce qui, de la politique napoléonienne, lui paraît le plus estimable est une politique visant à l’unification et à la réconciliation nationale[39]. Le premier ministre Jacques Chaban-Delmas, promoteur de la « nouvelle société », dit quant à lui, son admiration « pour la grande entreprise de modernisation que Napoléon a conçue en son temps et qui a permis à la France de disposer d’une organisation qui fut longtemps exemplaire »[40]. Pour les héritiers du gaullisme, il est impossible de renier ce grand homme par excellence, qui n’eut que la France pour réelle « passion », et qui a conduit celle-ci a toujours répondre à « l’appel de l’honneur : l’histoire de nos dernières années l’a démontré avec éclat, grâce une fois encore à l’action d’un homme exceptionnel ». Les parallèles entre De Gaulle et Napoléon ne manquent pas dans les discours d’alors. Car l’Empire a aussi légué à la culture républicaine l’idée qu’en cas de crise il est possible de recourir à l’homme providentiel et de lui confier un pouvoir fort. De Gaulle l’a bien compris et c’est pourquoi il a osé fonder la Cinquième République puis proposer le retour de l’élection du président de la République au suffrage universel, rétablissant ainsi un lien direct entre le peuple et le chef de l’État. Le bicentenaire de Napoléon a donc été abondamment utilisé pour permettre aux gaullistes de justifier leurs propres conceptions de la culture républicaine. Pour la droite gaulliste, qui n’oublie pas de renier de l’héritage impérial ce qui est incompatible avec les valeurs républicaines essentielles, il reste primordial, en ces lendemains de mai 1968, de chanter les louanges de cet homme d’ordre qui reste grand par son œuvre administrative aussi bien que par la place qu’il a faite à la France en Europe. L’histoire de la France depuis 1789 compte deux sauveurs, et le second a tout à gagner à ne pas tout renier du premier, bien au contraire.

* * *
            Les années 1789-1815 ont donc légué à la France contemporaine une histoire constamment relue et une mémoire fort encombrante, si bien que les souvenirs de l’Empire forment une culture qui a été de moins en moins une culture politique et qui a relevé de plus en plus de la mythologie. Si mythologie et mémoire de l’Empire était encore très largement présentes dans la culture républicaine de 1969, en est-il de même en 2012 ? Insidieusement, les candidats à l’élection présidentielle, en validant avec conviction le principe de confier le destin de la nation à une forme de monarque républicain, s’inscrivent dans le principe sous-tendu par la constitution de 1804.

Pour le reste, si le mythe impérial demeure extrêmement présent dans l’imaginaire des Français, il est moins, désormais, une image de la vie politique qu’un argument touristique. Napoléon n’a plus vocation à sauver la République mais plutôt à sauver des emplois. Tel est en tout cas l’argument majeur utilisé par les tenants du projet du parc de Montereau, où Napoléon ferait concurrence à Mickey sur le territoire de la Seine-et-Marne, et où l’intérêt croissant des touristes ferait du parc Napoléon un précieux pourvoyeur d’emplois[41]. Si l’on songe donc à « utiliser le passé [napoléonien] pour en faire un levier d’avenir », comme le préconise Yves Jégo, ce n’est plus en termes politiques ou idéologiques, mais en termes économiques. À en juger également par l’omniprésence des guerres napoléoniennes dans les jeux vidéos, il faut donc bien se rendre à l’évidence : le mythe impérial est sorti de la culture républicaine pour entrer dans celle de la consommation de masse et de l’imaginaire ludique.

Natalie PETITEAU
Université d’Avignon-Centre Norbert Élias, UMR 8562


[1] Jacques GODECHOT, Les constitutions de la France, Paris, Garnier-Flammarion, 1984, p. 185.
[2]Voir très récemment Christophe CHARLE, Discordance des temps. Une brève histoire de la modernité, Paris, Colin, 2011, p. 20.
[3] Robert ALEXANDER, Bonapartism and revolutionary tradition in France. The fédérés of 1815, Cambridge University Press, 1991, 314 p.
[4] Natalie PETITEAU, Napoléon, de la mythologie à l’histoire, Paris , Le Seuil, 1998, 440 p.
[5] François FURET, La Révolution, cité par Sudhir HAZAREEZINGH, « L’imaginaire républicain en France, de la Révolution française à Charles de Gaulle », dans Revue historique, 2001-3, p. 637-654.
[6] Albert LAPONNERAY, Réfutation des idées napoléoniennes de Louis-Napoléon Bonaparte, 1839, cité par Sudhir HAZAREESINGH, idem.
[7] Éléments d’étude sur le Conseil d’État napoléonien, Paris, Fondation Napoléon-éditions Lamy, 2000, 159 p. 
[8] http://www.conseil-etat.fr/fr/naissance-et-evolution/
[9] Jacques-Olivier BOUDON [dir.], Napoléon et les lycées, Paris, Nouveau Monde éditions, 2004, 392 p.
[10] Natalie PETITEAU, « Les Français et l’empereur », dans Hélène BECQUET et Bettina FREDERKING [dira.], La dignité de roi. Regards sur la royauté en France au premier XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 21-36
[11] L’ensemble des discours auxquels ce développement fait allusion figure dans La proclamation du Premier Empire ou Recueil des pièces et actes relatifs à l’établissement du gouvernement impérial héréditaire, imprimé par ordre du Sénat conservateur, introduction par Thierry Lentz, Paris, Nouveau Monde éditions/Fondation Napoléon, 2002, 310 p.
[12] Jean-Claude BONNET, Naissance du Panthéon. Essai sur le culte des grands hommes, Paris, Fayard, 1998, 414 p. ; Pierre CENTLIVRES, Daniel Fabre, Françoise ZONABEND [dir.], La fabrique des héros, Paris, éditions de la MSH, 1999, 316 p. ; Georges MINOIS, Le culte des grands hommes, des héros homériques au star system, Paris, Audibert,  2005, 569 p.
[13] Paroles rapportées notamment par Henri-Gatien BERTRAND, Cahiers de Sainte-Hélène, édités par Paul Fleuriot de Langle, Paris, Albin Michel, 1959, tome 2, p. 27-28.
[14] Natalie PETITEAU, Les Français et l’Empire, 1799-1815, Paris, La Boutique de l’Histoire, 2008, p. 158 sq.
[15] Discours de guerre de Napoléon Bonaparte, présentés par Jacques-Olivier Boudon, Paris, éditions Pierre de Taillac, 2011, 190 p.
[16] Michel KERAUTRET, « Napoléon et la quatrième dynastie : fondation ou restauration ? », dans La dignité de roi, ouvrage cité, p. 35-36.
[17] Natalie PETITEAU, Lendemains d’Empire : les soldats de Napoléon dans la France du XIXe siècle, Paris, La Boutique de l’Histoire, 2003, 400 p.
[18] Natalie PETITEAU, Écrire la mémoire. Les mémorialistes de la Révolution et de l'Empire, Paris, Les Indes Savantes, 2012, 312 p.
[19] Victor HUGO,  « L’expiation », dans Les Châtiments, édités par Guy Rosa et Jean-Marie Gleize, Paris, Le Livre de Poche, 1985, p. 204-216.
[20] Cité par Louis VILLAT, La Révolution et l’Empire, Tome II : Napoléon (1799-1815), Paris, P.U.F., Clio, 1942, p. XXXVI.
[21] Albert VANDAL, L’avènement de Bonaparte, Paris, Plon, 1902, 2 volumes.
[22] Témoignage de Léon DAUDET dans L’Action française, 24 avril 1921.
[23] Témoignage de Louise BODIN dans L’Humanité, 8 mai 1921.
[24] Maurice BARRÈS, Le roman de l'énergie nationale. Tome 1 : Les déracinés, Paris, Emile Paul, s.d., p. 216-217.
[25] Ernest LAVISSE, Histoire de France. Cours moyen. Préparation au certificat d'études primaires, Paris, Colin, 1913, p. 185.
[26] Revue des Études napoléoniennes, août 1920, p. 12-26.
[27] L’Humanité, 5 mai 1921.
[28] Ibid, 6 mai 1921.
[29] Ibid, 7 mai 1921.
[30] LAction française, 22 avril 1921.
[31] Ibid., 5 mai 1921.
[32] Ibid., 6 mai 1921.
[33] Ibid., 5 mai 1921.
[34] Ibid., 24 avril 1921.
[35] Dans l’introduction à Jean-Baptiste BARRÈS, Souvenirs d'un officier de la Grande Armée publiés par son petit-fils, Maurice Barrès, Paris, Plon, 1923, p. XI.
[36] Maréchal FOCH, Éloge de Napoléon. Préface du général Weygand, Paris, Les Iles d'Or, 1947, 35 p.
[37] Voir de plus amples détails dans notre Napoléon, de la mythologie à l’histoire, Paris, Le Seuil, 1998, chapitre 4.
[38] Il est publié en version intégrale dans Le Monde, 16 août 1969, p. 5.
[39] Cité dans L’humanité, 15 août 1969, p. 4.
[40] Cité dans Le Monde, 16 août 1969, p. 5.
[41] http://www.dailymotion.com/video/xp4nrx_le-parc-napoleon-un-grand-projet-porteur-d-emplois-pour-le-sud-seine-et-marne_news?fbc=241

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